Retour sur l’éclatement du FPÖ en 2005

Il y a peu, je vous présentais l’ouvrage de Patrick Moreau De Jörg Haider à Heinz-Christian Strache, L’extrême droite autrichienne à l’assaut du pouvoir (voir ici). Et bien, figurez-vous que je viens de retrouver une interview que j’ai mené pour le journal Ras l’front (numéro 106, juin-juillet 2005) peu de temps après la scission du FPÖ. Un bonus en quelque sorte…

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Autriche : Le FPÖ éclate

Ras l’front a posé trois questions à Hermann Dworczark des Archives de la résistance autrichienne (DÖW), sur la situation en Autriche à la suite de l’éclatement du parti d’extrême droite, le FPÖ.

Ras l’front : Selon toi, qu’est ce qui a provoqué l’éclatement du FPÖ ?
Hermann Dworczak : Depuis que le FPÖ est au gouvernement avec l’ÖVP, il a perdu toutes les élections, à l’exception de la Carinthie. Avec les conservateurs, ce parti a mis en pratique une politique néolibérale à l’opposé de sa propagande populiste de droite. En cinq ans, les scores du FPÖ sont passés de 27 % à 10 %.
Par conséquent, l’aile « extrême droitiste » du parti a exercé de fortes pressions sur Haubner, Haïder, etc. Haïder et ceux qui participent au gouvernement ne voyant plus de possibilité pour travailler de concert avec les « Talibans » (formule utilisée par Haïder contre les « ultras »), ont organisé une scission « par le haut » et fondé le BZÖ « orange ».

Rl’f : Le BZÖ constitue-t-il une rupture avec le FPÖ ?
H. D. :
Malgré la formation du BZÖ, Haïder doit faire face au même dilemme qu’avant. Le BZÖ doit se plier à la politique menée par l’ÖVP. Les permanents, membres et électeurs du « nouveau » parti sont quasiment les mêmes.
Pour donner un exemple significatif, c’est dans les dernières semaines que l’existence des chambres à gaz nazies a été relativisée et que les déserteurs de l’armée nazie ont été qualifiés « d’assassins de leurs camarades ». Ceci par deux politiciens. Dans le premier cas, il s’agit d’un représentant du FPÖ, dans le second cas, d’un représentant du BZÖ.
Du FPÖ au BZÖ, le vieux leader est également le nouveau : Haïder. Son « charisme » est considérablement réduit en raison des défaites et de l’énorme perte de suffrages.

Rl’f : Comment peut-on caractériser le FPÖ « maintenu » ?
H. D. :
Heinz Strache, le « nouveau » leader du FPÖ, est un extrémiste de droite version
« hardcore ». Il essaie d’imiter Haider. Pour preuve, le récent slogan du FPÖ « Vienne ne doit pas devenir Istanbul » a un petit air de déjà vu. Strache n’est pas vraiment en position de force à l’intérieur de son parti. Certaines sections dans les provinces se sont déclarées « indépendantes ». Je pense que les chances de ces deux partis sont réduites. Les sondages donnent actuellement le BZÖ à 5 % et le FPÖ à 3 %. Ce qui signifie qu’ils n’ont aucune certitude sur leur présence dans le prochain parlement.

Hermann Dworczak
propos recueillis par André Déchot

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A propos André Déchot

Journaliste, ancien animateur de la commission Europe du réseau antifasciste Ras l'front et aujourd'hui, membre du groupe de travail « extrême droite » de la LDH, j'ai également commis avec mes partenaires Jean-Paul Gautier et Michel Briganti l'ouvrage « La galaxie Dieudonné - Pour en finir avec les impostures » édité aux éditions Syllepse en 2011.
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