Concernant les manifestations de l’opposition de droite au gouvernement

Plutôt que de s’en indigner au risque de donner l’impression de s’opposer au droit de manifester, il parait intéressant de comparer les prises de positions récentes ou actuelles, voire celles plus anciennes, de ténors de l’UMP.
En effet, elles éclairent, en soulignant sa dimension « attrape tout », la radicalisation dont est porteuse « la droite décomplexée » du candidat à la présidence de l’UMP, Jean-François Copé. François Fillon n’étant sans doute pas particulièrement opposé à cette radicalisation bien qu’il préfère cultiver sa posture gaulienne de rassembleur pour le « redressement national ».

Copé, donc, invitait, dimanche dernier, « les Français qui s’indignent et qui s’inquiètent pour l’avenir de notre pays et des enfants de France à se mobiliser dans la rue ». Afin d’y voir plus clair sur les implications de cette déclaration d’un dirigeant (et pas des moindres) de la droite populiste (« nationale populaire » dirait Guillaume Peltier du mouvement umpiste La droite forte), je vous invite à écouter la chronique très pertinente de Thomas Legrand sur France Inter, ce matin (ici).

Ce matin, dans le Figaro, le copéiste Hervé Novelli n’hésite pas à se réclamer de saint Thomas d’Aquin en déclarant « La résistance est légitime face à l’oppression » après avoir indiquer « on n’a pas juridiquement tort parce que l’on est politiquement minoritaire » (donc il était légitime de s’opposer aux contre-réformes liberticides et inégalitaires des différents gouvernements sarkozystes, non?) et de préciser: « La résistance est légitime face à un gouvernement qui à atteint la frénésie fiscale [ah bon?], dans un pays où les nivaux de prélèvements obligatoires sont déjà les plus élevés du monde ». Jolie prise de judo et quel cynisme!

Toujours est-il qu’à quelques jours d’intervalle, un autre soutien de Copé, le droite pop’ Lionnel Luca, indique sur son site Internet qu’il va « redéposer une proposition de loi sur l’impossibilité de faire grève durant la période de début et de fin de congés scolaires ». Tout en prenant la précaution de précéder cette démarche d’un « Si le droit de grève est un principe inscrit dans la Constitution, la libre circulation des personnes est également un principe Constitutionnel. » (breve du 25 octobre 2012). Bref, restreindre le droit de grève tout en s’y prétendant attaché.

De son côté, le mouvement La Droite forte, de Guillaume Peltier et Geoffroy Didier, également soutiens de Copé, demande, dans ses contributions, l’interdiction du droit de grève pour les enseignants.

Ainsi, pour une partie de plus en plus conséquente de la droite prétendument républicaine (mais que disent les « malgré nous » que Renaud Dély évoquent dans son ouvrage La droite brune sur lequel je reviendrai sous peu.), il n’y a plus de borne à essayer de récupérer l’électorat qui s’est porté sur Marine Le Pen et le Rassemblement bleu marine lors des dernières élections présidentielle et législatives.

Cette droite contestataire semble vouloir continuer à inscrire ses pas dans ceux de la droite extrême et de l’extrême droite comme cela pourrait être le cas le 18 novembre prochain contre le mariage et l’adoption homo (Civitas, liée à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, prépare soigneusement sa campagne d’opinion depuis juin dernier. Les partisans de Christine Boutin rassemblés dans Alliance Vita multiplient les rassemblements décentralisés. L’œuvre française annonçait récemment un rendez-vous lyonnais le 17 novembre).
Où enfourcher le cheval de bataille de l’opposition au droit de vote des résidents étrangers extra-européens (Il est ici utile de rappeler que le droit de vote des résidents étrangers existe déjà dans plusieurs pays d’Europe. Et selon JF Copé dans son Manifeste, cet nouvel électorat viendrait grossir les rangs de l’électorat socialiste – ah bon, on ne peut être immigré et de droite?).
Serait-ce pour mieux dissimuler les désaccords qui l’opposent à la droite « révolutionnaire » (au sens de Zeev Sternhell) qu’est le FN sur les questions économiques et européennes (dont la seule critique umpiste porte sur l’absurdité ou l’excès) qui sont pourtant au cœur de la radicalisation de l’électorat populaire de droite?

Si l’on s’en réfère à la révolution conservatrice allemande (et sans pour autant tomber dans des parallèles douteux), la fin de ce film ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Ni pour la droite classique, ni pour le plus grand nombre.

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A propos André Déchot

Journaliste, ancien animateur de la commission Europe du réseau antifasciste Ras l'front et aujourd'hui, membre du groupe de travail « extrême droite » de la LDH, j'ai également commis avec mes partenaires Jean-Paul Gautier et Michel Briganti l'ouvrage « La galaxie Dieudonné - Pour en finir avec les impostures » édité aux éditions Syllepse en 2011.
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