Et si le 8 mars, c’était toute l’année?

La journée de la femme ou la journée de l’homme?

Le 8 mars, journée internationale des luttes des femmes, est devenu la journée pour les droits des femmes. Pire encore la journée de LA femme. Ce jour-là, on offre des fleurs aux femmes. On leur propose une sortie au restaurant, au cinéma… Que sais-je encore? Parfois, on offre aussi des bijoux, mais que signifie ce geste pour celui qui offre? Rien si ce n’est faire un effort particulier ce jour-là.

Car la « moitié du ciel » n’a qu’une journée pour populariser ses luttes. Luttes qui, en général, améliorent aussi la vie de l’autre moitié de l’humanité. Bref, font avancer toute la société.

Les médias contribuent largement à cette dénaturation… Ne serait-ce que la façon de parler de « la journée de la femme ».

Qui revient sur son origine? En l’occurrence sur la proposition de Clara Zetkin, en 1910, visant à contrecarrer l’influence des « féministes de la bourgeoisie » et, plus généralement, la fête des mères qui réduit les femmes au réceptacle qu’elles ne sont pas.

Le 8 mars est né des luttes ouvrières et des nombreuses manifestations de femmes réclamant le droit de vote (les suffragettes), de meilleures conditions de travail et l’égalité entre femmes et hommes!

Il n’y a pas si longtemps, les femmes réalisaient gratuitement toutes les tâches domestiques et parentales. Mais les années soixante ont vu l’arrivée en masse des femmes sur le marché du travail. Sachant par ailleurs que les femmes ont toujours travaillé. Les pouvoirs publics n’ont pas accompagné cette arrivée massive, ne serait-ce que par la création d’un service public de la petite enfance pour permettre aux femmes et aux hommes d’articuler vie professionnelle et familiale…

D’ailleurs aujourd’hui la proposition de François Hollande et de son gouvernement est de réduire le congé parental pour les femmes et de bonifier les allocs pour les hommes. En fait, il s’agit toujours de la même chose: « mais qui va garder les enfants? »

On est loin (heureusement) du salaire parental proposé par le Front national qui, pour relancer la natalité, propose la création d’un revenu parental [voir ici] et non plus maternel (une parité de façade d’ailleurs, puisque cette formulation s’appuie sur une réalité statistique largement marquée par la sortie des femmes du marché du travail), dès que les finances le permettront, pour offrir la possibilité de choisir librement aux femmes (tiens les hommes disparaissent là), entre l’exercice d’une activité professionnelle ou l’éducation des enfants. Ce qui au yeux du FN pose déjà d’emblée le fait d’avoir une activité professionnelle comme incompatible avec celui d’éduquer des enfants (pourtant envisageable avec une nouvelle réduction du temps de travail sans perte de salaires avec embauches correspondantes – qui n’est qu’une piste parmi comme une autre – totalement inenvisageable pour le FN et son prétendu « néo-féminisme »).

La description de ce dispositif (la source est le programme présidentiel de Marine Le Pen 2012), versement d’un revenu équivalent à 80% du SMIC pendant 3 ans à partir du 2e enfant, renouvellement d’une durée de 4 ans pour le 3e enfant. Cela ne constitue que
7 ans de cotisations et la création d’un statut juridique et social pour la mère ou le père de famille, et surtout
la revalorisation des allocations familiales n’étant réservées qu’aux familles françaises (préférence… oups pardon, priorité nationale oblige.), les autres pouvant toujours se brosser (et oui, ils sont pour l’abrogation du droit du sol quand même).

Une avancée réelle aurait été le maintien du salaire pour le parent qui prendrait un congé parental. Mais là il faudrait évoquer les temps partiels imposés aux femmes, les interruptions et les inégalités de carrière… Et admettre que la garde des enfants par le père n’est pas chose aisée, même s’il y a volonté de partager plus qu’auparavant ces tâches avec les femmes. Mais comme la société est organisée de manière à ne pouvoir éradiquer les normes telles que nous les connaissons. Y a du pain sur la planche!

Sophie Joubert

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A propos André Déchot

Journaliste, ancien animateur de la commission Europe du réseau antifasciste Ras l'front et aujourd'hui, membre du groupe de travail « extrême droite » de la LDH, j'ai également commis avec mes partenaires Jean-Paul Gautier et Michel Briganti l'ouvrage « La galaxie Dieudonné - Pour en finir avec les impostures » édité aux éditions Syllepse en 2011.
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