Marine Le Pen, De Gaulle et la participation

N’étant pas économiste, j’ai pas tout de suite perçu la portée des propos de Marine Le Pen dans Valeurs actuelles du 21 février 2013.

Pas ceux sur les licenciements boursiers déjà traités dans un billet précédent qui trouvent toute leurs cohérences dans les propositions d’amendements formulées actuellement à l’Assemblée nationale par la députée frontiste Marion Maréchal-Le Pen et critiquées par Alexis Corbière sur son blog.

Mais ceux indiquant : « La participation prônée en son temps par le général De Gaulle me paraît une bonne direction. »

Outre la posture qui doit en destabiliser plus d’unE dans la vieille garde frontiste, ne sachant pas de quoi il s’agit, je jette un œil sur le site de la Fondation Charles-de-Gaulle. Je tombe sur le texte La participation, idée centrale de la pensée gaullienne écrit par Jacques Godfrain. Ce texte est intéressant par l’intention qu’il pose : concilier les intérêts [contradictoires selon moi] du patronat (le grand particulièrement) et ceux des salariés, dépasser la lutte des classes [une illusion, toujours selon moi].

On n’est pas obligé d’être un marxiste échevelé pour savoir que la réalité ne correspond absolument pas à cela. Et comme disait, le 24 février 2000 à l’Express, l’ex-maoïste Denis Kessler lorsqu’il était vice-président du MEDEF: « La lutte des classes, j’y crois toujours, mais maintenant je suis de l’autre côté de la barrière ! » Bref.

Je suis également tomber sur un texte en ligne sur le site nationaliste européen belge Vouloir. Site éponyme [qui donne son nom à] à la revue animée par Robert Steukers. Ce texte lui-même extrait de la revue Nationalisme et République présenté, ici, par REFLEXes.

Cette question de la participation serait-elle l’un des points d’équilibre chez les marinistes entre une génération biberonnée à la Nouvelle droite et les ex-chevènementistes et autres gaullistes du SIEL, membre du Rassemblement bleu marine ?

J’aurais même tendance à ajouter, un point d’équilibre pas si éloigné du corporatisme comme organisation sociale ce qui permettrait sans doute de faire l’unité de l’ensemble des sensibilités internes au Front national et donc, au-delà. Si des amiEs économistes voulaient se pencher sur la question, ce serait sûrement intéressant de déméler toutes les implications de la chose.

En somme, les pistes économiques suivies par Marine Le Pen sont bien éloignées des intérêts des salariés [nationaux seulement, et encore pas tous] qu’elle prétend représenter.

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A propos André Déchot

Journaliste, ancien animateur de la commission Europe du réseau antifasciste Ras l'front et aujourd'hui, membre du groupe de travail « extrême droite » de la LDH, j'ai également commis avec mes partenaires Jean-Paul Gautier et Michel Briganti l'ouvrage « La galaxie Dieudonné - Pour en finir avec les impostures » édité aux éditions Syllepse en 2011.
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